Bahia, la miraculée du vol IY 626
La jeune fille de 13 ans a survécu au crash du vol de la YemeniaYemenia. Elle revient en France jeudi matin
Photo : AFP
Elle est l'unique survivante du vol IY 626 qui s'est abîmé en mer, dans la nuit de lundi à mardi, causant la mort de 152 personnes au large des côtes comoriennes. Hier, Bahia Bakari, 13 ans, était toujours hospitalisée à Moroni, souffrant d'une fracture de la clavicule et de brûlures aux jambes. Elle devrait regagner ce matin la France, dans l'avion du secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet. Elle devrait être admise dans un hôpital parisien.
Douze heures dans l'eau
Bahia Bakari et sa mère avaient embarqué à Marseille, en direction des Comores où elles devaient passer leurs vacances. Son père qui s'est entretenu par deux fois au téléphone avec elle, a raconté le scénario du drame sur RTL. “Elle n'a rien senti, elle s'est trouvée dans l'eau et elle a entendu des gens parler. Elle est restée accrochée sur je-ne-sais-quoi. Elle m'a dit qu'on l'avait éjectée. Je n'aurais jamais pensé qu'elle allait s'en sortir comme cela. J'ai envie de la revoir là parce que j'imagine qu'à cette heure-ci, elle se trouve toute seule.”
Selon les secours, l'adolescente a été retrouvé en état d'hypothermie, après avoir passé plus de douze heures dans l'eau, au milieu des corps et des débris de l'avion. “Elle a fait preuve d'un courage absolument admirable”, expliquait hier sur place Alain Joyandet, ajoutant : “On va s'occuper d'elle dans la durée.”
Alors que des premières informations révélaient hier matin que les boîtes noires de l'appareil avaient été localisées, Alain Joyandet a précisé qu'il s'agissait en réalité de balises de détresse : “Le Transall qui a perçu un signal sonore n'a pas perçu, contrairement à ce qui a pu être indiqué ce matin, les balises des boîtes noires mais plus vraisemblablement des balises de détresse. Il a pu y avoir une confusion.”
La compagnie Yemenia a annoncé des compensations de 20 000 euros au moins pour les familles de chaque victime. Concernant l'enquête, les autorités comoriennes ont reproché à la France de ne pas les avoir informés sur l'état de l'appareil. “Quelle est cette discrimination entre les Français qui doivent être protégés et les Français qu'on laisse voler dans ce genre d'avion ? s'interrogeait Idi Nadhoimle vice-président comorien chargé des Transports. Cela aurait été plus facile pour nous si la France nous avait communiqué la liste des Airbus pas aptes au vol, ce qui n'a pas été le cas et ce que je regrette.”